Les biais cognitifs à surveiller pour devenir un meilleur développeur

Le problème dans la vie, c’est que chaque humain croit avoir raison. Chacun à son point de vue et cet élément est encore plus vrai en tant que développeur. On a tous nos croyances, nos habitudes et nos certitudes.

Bref, on est comme on est.

Cependant, il y a une chose sur lequel tous les humains sont similaires, ce sont les biais cognitifs. Pour faire simple, un biais cognitif est un réflexe de pensée spontané et automatique, qui l’altère nos décisions, nos raisonnements et nos pensées. Cela a pour conséquence d’influencer le jugement de notre réalité. Ceci est tout à fait normal, mais le plus important est d’en avoir conscience.

Les biais cognitifs en quatre catégories : les biais qui découlent de trop d’informations, pas assez de sens, la nécessité d’agir rapidement et les limites de la mémoire.
Modèle Algorithmique: John Manoogian III (jm3)
Modèle Organisationnel: Buster Benson.

Étant data engineer (et pour les développeur.euses en règle générale), on met en place des outils/applications (et bien plus) pouvant impacter la vie de milliers/millions/milliards de personnes. En quelque sorte, le code est comme un superpouvoir, il modèle le monde. Et un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.

Être développeur, c’est faire un métier hautement rationnel. Cependant, on oublie souvent que de nombreux choix ne sont pas uniquement guidés par la rationalité. Pour ces raisons, je vous propose de voir quelques biais cognitifs qui pourrissent la vie des développeurs et des projets en informatique.

Effet de dotation

En tant que Data Engineer, je passe environ 50% de mon temps à coder. Un développeur passe un nombre incalculable d’heures à coder, faire des recherches sur Stack Overflow, debugger, bref, réfléchir au meilleur moyen de résoudre un problème. Il peut donc arriver qu’on donne beaucoup d’importance aux développements sur lequel on a travaillé pendant des semaines, voire des mois. On lui apporte une valeur « affective », en quelque sorte.

De plus, pour ma part, j’aime le coté « artisanal » du développeur : faire des choses bien, de manière robuste et afin que mon travail puisse évoluer avec le temps.

Tous ces éléments peuvent amener à penser que le créateur du code (disons, moi par exemple) a réalisé le meilleur code. Ça nous est tous arrivés de penser que notre solution/réalisation était la meilleur, tout simplement parce que c’était la nôtre.

C’est un biais cognitif assez commun dans le sport ou en politique et le monde du travail n’y échappe pas.

C’est typiquement le genre de biais qui survient lors de code review ou encore lors de migration (migration de système où des milliers de lignes de codes doivent être écartées ou revues).

Je pense réellement que l’une des solutions est d’être ouvert à faire/recevoir un feedback et faire preuve d’assertivité. Être assertif, c’est la capacité à faire passer un message clair en restant souple et à l’écoute de son interlocuteur. C’est 2 éléments (feedback et assertivité) permettent de relativiser son impact dans un travail, sans pour autant se sentir dénigré.

3 points pour faire un bon feedback :

  1. Expliquer clairement les faits en début de feedback
  2. Expliquer le ressenti que cela a généré chez soi
  3. Proposer un plan d’action ou une autre solution

3 points pour avoir une approche assertive :

  1. Être clair dans le message qu’on désire faire passer 
  2. Être à l’écoute de son interlocuteur
  3. Être flexible et prêt à changer d’avis

Biais de confirmation

Ce biais est probablement l’un des plus connus. Le biais de confirmation est la tendance à privilégier des informations confirmant ces idées préconçues, et à accorder moins de poids aux informations étant en notre défaveur.

On retrouve bien évidemment ce biais dans le secteur des technologies. C’est toujours plus simple d’aller vers ce qu’on connait, je le reconnais !

Néanmoins, avoir des points de vue différents, permet d’avoir un regard neuf sur une situation qui peut nous paraitre banal ou déjà vue. Ça permet (entre autres) de créer des produits/fonctionnalités informatiques avec une nouvelle perspective, pour un nouveau type de population.

Pour avoir des avis différents, il faut de la diversité. Des équipes et des entreprises avec encore plus de diversité permettent de réduire ce biais. Cependant, j’ai envie de pousser plus loin ce mot « diversité », donc je vais le préciser :

  • Diversité de genre
  • Diversité culturelle
  • Diversité de pensée
  • Diversité de cursus scolaire et sociale

La diversité, c’est probablement un sujet que j’aborderai en profondeur un jour sur ce blog.

Effet Dunning-Kruger

Il vous est déjà arrivé d’être en réunion, concernant un sujet que vous ne connaissiez que très moyennement, mais pour lequel vous étiez convaincu d’avoir les bonnes réponses.

L’effet Dunning-Kruger ou effet de surconfiance est un biais où « Les moins qualifiés dans un domaine surestiment leur compétence ». C’est un phénomène que l’on trouve un peu partout, mais surtout dans les domaines nécessitant un haut niveau de connaissances techniques ou/et scientifiques (comme le data engineering ou la data science par exemple).

Par Arjuna Filips — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=79800078

Pour diminuer ce biais, il est important d’être ouvert et d’être conscient que, l’expertise sur un sujet est finalement la capacité à cultiver « l’esprit de l’éternel débutant », tout en apprenant des erreurs des années passées.

Coût irrécupérable

On dit souvent que « le temps, c’est de l’argent ». Ce biais nous prouve que nous n’aimons perdre ni notre argent, ni notre temps, ni tous les efforts que nous avons mis dans un projet.

Prenons, par exemple, un framework en perte de vitesse, très complexe à apprendre et à maintenir. Si tu es expert, il te sera probablement difficile de reconnaitre qu’il est peut-être temps de changer de technologie, de se renouveler.

Cela s’explique par la tendance que nous avons à percevoir ce que nous avons déjà investi comme quelque chose « à ne pas perdre », sans prendre en considération l’avantage du changement.

Une des solutions à cela est de faire de la veille technologique. L’informatique est un domaine qui évolue très vite et même s’il n’est pas possible de tout savoir, se tenir informé permet de ne pas s’enfermer dans un « silo technologique ». D’autant plus qu’en informatique, les connaissances de base sont souvent les mêmes pour de nombreux métiers. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme !

Sources :

https://www.talentis-coach.com/assertivite-6-techniques-pour-rester-assertif-en-toute-circonstance/

https://www.talentis-coach.com/comment-faire-bon-feedback/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Biais_de_confirmation

https://fr.wikipedia.org/wiki/Biais_cognitif

https://fr.wikipedia.org/wiki/Co%C3%BBt_irr%C3%A9cup%C3%A9rable

https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Dunning-Kruger

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